Affirmant notre souveraineté, nous reconnaissons nos frontières comme inaliénables et conformes aux cartes internationalement reconnues établies lors de notre accession à l’indépendance. Ces démarcations, notifiées à l’ONU et validées par la Cour Internationale de Justice ainsi que par divers accords bilatéraux, fondent notre droit et notre devoir de protection. Notre stratégie définit cinq types de frontières : terrestre, maritime, aérienne/spatiale, diplomatique et numérique, pour lesquelles nous avons élaboré des politiques spécifiques, toutes ancrées dans une vision commune portée par ce manifeste :
La sécurité extérieure de notre nation sera garantie par une diplomatie proactive et la création d’une cellule d’intelligence stratégique. Le renseignement (extérieur et intérieur) constituera notre première ligne de défense, tandis que la protection de notre territoire sera assurée par une stratégie de défense intégrée et renouvelée. Cette dernière prévoit une transformation de notre armée, de notre garde nationale et de nos services de sécurité suivant une approche dite « multi armes », un repositionnement stratégique de nos forces et un renforcement de nos capacités de réaction et de projection. Historiquement déployées près des villes et principalement pour prévenir les soulèvements populaires, elles seront désormais orientées vers la protection effective de notre territoire. Nous sortirons des accords avec l’OTAN pour nous consacrer à la mise en œuvre d’une stratégie de défense régionale adaptée à nos réalités, à nos convictions géopolitiques et à la sincérité démontrée et effective de nos alliés.
Dans son aspiration à l’établissement d’un « Grand Maghreb élargi », notre vision de la Tunisie idéale, s’engage à respecter non seulement l’intégrité territoriale de notre propre pays, mais aussi celle de chaque État membre. Cette vision promeut une union collaborative et coopérative entre les nations, préférant une collaboration mutuelle à une fusion, une modification, une dissolution des états-nations, ou une soumission à une organisation supranationale non élue, qui risquerait d’effacer nos frontières géographiques, culturelles, numériques ou administratives.
Le terme « Grand Maghreb élargi » symbolise notre volonté commune d’intégration, basée sur le partage de valeurs, convictions et aspirations communes. Cette terminologie ne limite pas notre vision d’une expansion future indépendante de la géographie traditionnelle du « Maghreb », offrant ainsi la possibilité à d’autres nations, du Moyen-Orient ou du Sahel par exemple, de se rallier à cet idéal de paix, d’harmonie et de fraternité, indépendamment de leurs origines ou croyances.
Notre conception de la maîtrise de nos frontières ne s’oppose pas, évidemment, à notre engagement envers une mobilité multimodale qui soit à la fois libre, ouverte et dynamique à l’intérieur de notre nouvel espace géopolitique. Cette mobilité concerne les personnes, les biens, les services, ainsi que les capitaux, et se veut être le reflet d’une région composée de nations souveraines, collaboratives, interconnectées et prospères. Notre vision ne traite pas la gestion des frontières comme une barrière, mais comme un moyen d’harmoniser la mobilité avec les impératifs sécuritaires, identitaires, sociaux, économiques et légaux. Cette approche vise à établir un cadre juridique clair et cohérent qui réglemente des aspects cruciaux tels que, de manière non exhaustive : la nationalité, la propriété, la taxation et les impôts, adaptés en fonction de la localisation du service ou de la transaction économique ou la gestion et la protection des données personnelles, des brevets et de la propriété intellectuelle.
Enfin, notre vision des frontières et de la mobilité régionale tient compte de la nécessité d’une application cohérente de la jurisprudence et d’une définition précise de la responsabilité légale. Notre vision est donc celle d’une Tunisie résolument tournée vers l’avenir, où la maîtrise souveraine de nos frontières coexiste avec une fluidité et une liberté de mouvement pertinente et maitrisée, contribuant ainsi à l’édification d’un « Grand Maghreb élargi » intégré et à l’épanouissement des citoyens de chaque nation de notre région.